Festival Mauvais Genre 2013 jour 2/6

Mauvais-GenreOkay j’arrive après la bataille mais on poursuit avec le festival de Tours ! En immersion complète du mercredi 27 mars au lundi 1er avril (et c’pas une blague !), je compte vous faire un petit topo de chaque journée (je voulais le faire à chaud mais j’ai manqué d’adhérence).

Florilège du jeudi 28 mars.

L’après-midi a débuté avec une séance scolaire. Prétexte sympa à sortie pédagogique, j’ai trouvé intéressant de remarquer que les élèves de lycée riaient bêtement les deux premières minutes, en découvrant les animaux et leurs animations propres, pour ensuite passer rapidement à un silence concentré qui m’a fait croire que le sujet – grave – de la révolution russe et du totalitarisme stalinien et ses injustices pouvaient encore inspirer les jeunes générations. Ayant été fortement marquée par la méthode Coué « Plus jamais ça ! », j’ai été sensible à cette possible prise de conscience. Anyway.

la-ferme-des-animauxLA FERME DES ANIMAUX
Réalisation et scénario : John Halas et Joy Batchelor
Scénario : Joy Batchelor, John Halas, Borden Mace, Joseph Bryan, Lothar Wolff, d’après le roman éponyme de George Orwell
Genre : Animation, comédie, drame, satire
Année : 1954
Durée : 73 min
Doublage : Maurice Denham et Gordon Heath (narrateur)
Format et nationalité : Long métrage anglais

Synopsis
Las d’être exploités par un fermier cruel et ivrogne, les animaux d’une ferme se révolte afin de prendre leur destinée en main. Hélas rapidement ils vont tomber sous le joug d’opportunistes cochons…

Satire politique de la révolution russe et critique du stalinisme déguisées en fable animalière, cette adaptation en animation du roman lucide et désabusé de George Orwell n’en diminue pas un instant le tragique historique.
Très impressionnant de voir le travail de doublage (animalier qui plus est !) par une seule personne. Une performance !


(bande-annonce en vf, dommage)

Ensuite vinrent les films en compétition officielle pour cette édition. Le premier en lice est un film qui arrive d’Europe de l’Ouest. Assez rare en nos contrées de pouvoir voir un long métrage issu du Monténégro, ce petit pays enclavé entre la Bosnie-Herzégovine, la Servie et le Kosovo.

The-AscentTHE ASCENT
Réalisation : Nemanja Becanovic
Scénario : Aleksandar Becanovic, Nemanja Becanovic
Casting : Amar Selimovic, Dejan Ivanic, Vlado Jovanovski
Genre : Drame, thriller
Année : 2011
Durée : 92 min
Format et nationalité : Long métrage monténégrin

Synopsis
Jovan, un jeune écrivain qui semble peiner à finir son dernier roman, demande la faveur à son éditrice de se retirer dans un lieu isolé. Il jette son dévolu sur une ferme isolée, dans une campagne éloignée et pratiquement désertique, battue par les vents. Il va faire la rencontre de la famille qui l’accueille, alors qu’elle se tient à l’orée de toute civilisation urbaine.

Film surprenant par son twist final doux-amer. Très terrien. Il faut aimer les plans séquence, le silence de circonstance, l’atmosphère assez The wicker man. Certain/es dans le public l’ont trouvé carrément chiant (je cite !); je préférai dire qu’il se réserve pour une fin surprenante. Je n’arrive pas à décider si oui ou non l’humour est volontaire, en tout cas sa singularité est là. À réserver tout de même aux amateur/trices de films contemplatifs. Je ne le reverrai pas. Une fois la motivation du titre éventé, je crains que The Ascent ne perde tout son intérêt. Reste que si j’avais déjà vu un film (belgo) bosniaque, le très récompensé No man’s land (Danis Tanovic – 2001), il s’agit là de mon premier monténégrin.

Deuxième film en compétition, un long métrage qui m’a rappelé la première fois que j’ai tenu une caméra et qu’on m’a expliqué ce qu’était la fameuse « nuit américaine ». Il ne révolutionnera certainement pas le genre mais ça ressemble avec un épisode long d’une série comme Au-delà du réel (je pense au remake L’aventure continue parce que j’en ai été friande) me l’a rendu néanmoins sympathique.

AfterAFTER
Réalisation : Ryan Smith
Scénario : Ryan Smith et Jason Parish
Casting : Karolina Wydra, Steven Strait
Genre : Drame, thriller fantastique
Année : 2012
Durée : 89 min
Format et nationalité : Long métrage américain

Synopsis

Ana et Freddy font connaissance (à l’occasion d’une drague maladroite) au cours d’un voyage en bus qui les ramène chez eux. Alors qu’ils découvrent être voisins, il se passe un évènement mystérieux. Ana se réveille dans son lit, son corps portant les traces d’un temps écoulé dont elle n’aurait pas eu conscience. La ville est vidée de tout habitant. À l’exception de Freddy. Ensemble ils vont tenter de comprendre ce que signifie ce terrifiant écran de fumée qui les encercle et semble resserrer d’heure en heure son étreinte.

Sorte de rejeton bâtard à noyer de Silent Hill ou comme je disais plus haut, d’Au-delà du réel : l’aventure continue, After est un film d’amnésiques qui suivent un fil d’Ariane emprunté aux Parques. Ça ne vous aide pas beaucoup à vous faire une idée, je pense ! J’en rajoute une couche – navrée – en vous disant que je pense que le sous-titre de ce film aurait pu être : « La belle et le geek » (encore qu’il s’agisse là uniquement d’un comic fan). Si je vous dis ça, c’est que j’ai trouvé un peu gros le renversement des tendances : une fois le fantastique lancé, oubliée l’autonomie de l’héroïne qui vient se cacher les mains vides (alors qu’elle tenait un pied-de-biche un instant auparavant) derrière son chevalier de fortune cramponné à un fusil dont il ne sait pas se servir…
Rien de transcendant mais je vais tout de même éviter de vous spoiler si vous envisagez de le regarder en dvd (pas de sortie cinéma en France prévue) ; j’apprécie d’ordinaire la mise en abîme de protagonistes qui réfléchissent à toutes les possibilités expliquant leur situation, mais je vous dirai juste qu’ici on aura un paresseux minimum syndical…
Définitivement pas le film qui assoira la réputation cinématographique de ses deux acteurs principaux à l’interprétation inégale.

Ensuite, avec une forte fréquentation, la compétition de courts métrages de fiction peut se féliciter ainsi d’avoir su attirer son public.
Pour vous en dresser rapidement le portrait (vous les trouverez tous mentionnés dans le programme du festival), il s’agit là de vidéos qui tournent dans le circuit des festivals internationaux pendant environ un an. À l’issue de cette année de représentation, leur/s auteur/s décident souvent de les mettre en ligne avec leur éventuel palmarès en évidence. Il faut donc s’armer de patience et ceci explique peut-être l’affluence dans la salle.  SilenceMention toute particulière à la dernière réalisation de Pierre-Gil Lecouvey (Spook & Gloom – France), Silence pour son prix du jury jeune et son histoire d’un couple d’étudiants qui s’enferme dans une bibliothèque la nuit
[en présence de toute l’équipe, réal et acteurs] ;

El-otro

à El otro de Jorge Dorado (Espagne), prix du jury professionnel, avec son héros qui souffre de troubles du comportement particulièrement meurtriers et incontrôlables ;

La-ricetta

à La ricetta de Jason Notol (USA) et son cours de cuisine familial très réussi mais qui m’a rappelé pourquoi j’ai été végétarienne pendant plusieurs années… ;

Cut-to-fit

à Cut to fit de Giovanni la Pàrola (Italie) qui sentait bon l’hommage aux films de vengeance, aux westerns poussiéreux, avec sa révolte paysanne dans la Sicile du XIXe siècle ;

Doctor-Glamour

et enfin à mon plaisir coupable – par ailleurs réelle mention spéciale du jury pro – le glitter magical musical Doctor Glamour !!

Et pour conclure une journée bien chargée, nos petits yeux et notre cerveau fatigués eurent droit à…

SawneySAWNEY : Flesh of man
(Déconseillé aux moins de 16 ans)
Réalisation et scénario : Ricky Wood
Casting : Samuel Feeney, David Hayman, William Houston
Genre : Thriller policier, horreur, gore
Année : 2012
Durée : 90 min
Format et nationalité : Long métrage britannique

Synopsis
Il y a 500 ans, un clan écossais aux mœurs cannibales voit ses membres exécutés. Tous ? Non, car l’un des leurs survit et prolonge l’héritage sanglant de Sawney, leur chef. De nos jours, ses descendants continuent à perpétuer religieusement les traditions familiales, enlevant principalement des jeunes femmes (mais pas seulement) afin d’en faire leur cinq à sept et leur quatre heures.

Rien de nouveau côté scénario pour ce film qui tente d’exploiter une veine écossaise (je n’en ai aucune idée, mais peut-être Sawney appartient-il à une sorte de légende apotropaïque qu’on raconte aux enfants ?). On devine la microprod en voyant le même nom que le réalisateur à la production et aux fx (eux-aussi doivent faire ça en famille).
Enquête sur des morts particulièrement barbares où les victimes sont retrouvées en puzzle (dont il manque des pièces, c’ballot !) menée par un jeune journaliste tête-à-claques qui boit comme un véritable écossais (bam ! les clichés…  ça me rappelle un sketch de François Pérusse… « Je ne bois pas tant que ça et on n’en parle plus ! »), on a à l’autre bout du fil, dans les highlands sauvages une famille de consanguins dégénérés cannibales, fornicateurs et sadiques, qui aiment jouer avec la nourriture. Cousins du pauvre de la famille Firefly, ils n’en ont jamais la rudesse, l’humour, la folie générale et géniale. Et ce même lorsqu’ils se démènent avec deux coups de je-ne-sais quel art martial, qu’ils font les yamakazis encagoulés dans un hoodie bien serré sur fond de Loch… David Hayman fait ce qu’il peut pour attirer l’attention de Rob Zombie, mais rien n’y fait. On restera dans un mélange de gore de série b (on va être sympa avec les abattoirs qui ont fourni la matière première…) et de policier allemand 80’s. Novateur ni dans le grandguignol ni dans son intrigue, ce Sawney : flesh of man m’a vue repartir à la fraîche à une heure du matin, avec une impression de me sauver d’une after pas assez sauvage à mon goût.

Heureusement le festival nous aura proposé encore bien d’autres titres, à découvrir avec plus ou moins de bonheur.

Mais et vous ? Avez-vous vu pu voir ces films ? Qu’en avez-vous pensez ?
Les trailers vous donnent-ils envie ?

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