Festival Mauvais Genre 2013 jour 4/6

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Mauvais-GenreDur, dur le 4e jour ! On change encore de lieu pour gagner le Petit Faucheux.
Il a bien fallu se motiver pour aller voir les quatre films prévus – dont trois en compétition, ainsi qu’une masterclass avec Eriq Ebouaney.
Ça commençait par un film de zombies, alors pas le choix… *obligée et contrainte contre sa volonté de zombiphile*Eh oui car d’entrée de jeu nous étions attendu/es de pied ferme pour un (sur le papier du moins) documenteur original.

portrait-of-a-zombiePORTRAIT OF A ZOMBIE
Réalisation : Bing Bailey
Scénario : Bing Bailey, Laura Morand Bailey
Casting : Patrick Murphy, Geraldine Mcalinden, Rory Mullen, Diane Jennings, Paul O’bryan
Genre : Documenteur, comédie dramatique, horreur
Année : 2012
Durée :  90 min
Format et nationalité : Long métrage irlandais

Synopsis
Une famille de classe ouvrière irlandaise à Dublin voit son fils Billy devenir un zombie. Les parents choisissent de prendre soin de lui à la maison au grand dam des voisins et du boss du crime organisé local. Pendant ce temps, la famille a invité un documentariste américain pour filmer leur situation et l’équipe de tournage est prise dans le chaos. Est-ce que la famille parviendra à prouver que le sang est plus épais que l’eau ou leur amour entraînera-t-il leur perte ? Une chose est claire, pour les zombies en Irlande, la famine est définitivement terminée.

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Format du (faux) documentaire, cet hommage complet à George Romero dans son empathie envers les marginaux zombies tend malheureusement à égaler les dernières réalisations du maître. L’humour de la première partie, avec ses scènes absurdes et sa balance logique/décalage anglo-saxonne féroce, est efficace et donne envie de croire en la démarche de cynisme et d’opportunisme surnageant au milieu d’une empathie aveugle et inconsciente. La théorie du deuil et de l’hypothétique rémission de Survival of the dead (développée dans les autres volets « … of the dead ») est pensée de façon originale. Hélas une fois le côté apocalypse irréfrénée lancée, on revient vers un zombie flick classique et les lacunes se font sentir. Maquillages vraiment trop cheaps, jeu d’acteurs des figurants zombies vraiment trop mauvais… On se dit que la bonne idée n’a pas tenu longtemps !

On reste dans le moule de l’après. Mais pas de cadavres cannibales ici, c’est reposant.

Juan-in-a-millionJUAN  IN A MILLION
Réalisation : Sergio Allard, Denis Arqueros et Nikolas Klein
Scénario : Sergio Allard
Casting : Sergio Allard, Eusebio Arenas, Camila Stuardo
Genre : Drame, thriller fantastique, mystère
Année : 2012
Durée : 92 min
Format et nationalité : Long métrage chilo-américo-brésilien

Synopsis
Juan Pablo Garcia se motive dans son appartement à Santiago au Chili pour réaliser la vidéo de la présentation de sa candidature à Harvard. Après une tentative peu concluante, il décide de se reposer en prévision d’une nuit de fête avec des amis. Quand il se réveille, toute la ville est vide. Il n’y a plus que lui.

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 Exercice pour moi de vous parler de ce film car plus le temps passe et plus je me dis que je ne l’ai pas apprécié. Alors oui, chapeau d’avoir réussi à boucler un film de ville vide en jouant sur les heures et les lieux désertés ! Sergio Allard va jusqu’au bout de son concept multi-casquettes (il est la tête du trio de réalisateurs, est le scénariste et l’acteur principal) et il faut reconnaître que la photo n’est pas désagréable, avec des tons chauds, faisant de Santiago (Chili) une ville familière. Mais ça ne fait pas tout. Des longueurs répétitives et un jeu d’acteur qui prouve que c’est un métier et/ou un talent. Mais il faisait partie de la compétition et certains lui trouvaient tout de même de l’intérêt.
Je lui reprocherai franchement son dénouement. J’ai regretté qu’un/e voisin/e ne m’explique pas la fin, car franchement j’en fais l’aveu : je n’ai pas tout saisi. Et puis un univers digne d’un post-apo d’anticipation où l’électricité continue à fonctionner, ça me pose un problème au niveau cohérence. Non, décidément la seule chose que j’ai aimée est le calembour qu’est le titre. Ça ne suffira pas.

La poursuite du festival se fera dans une ambiance agréable avec l’acteur accessible et enthousiaste Eriq Ebouaney. Si son nom ne vous permet pas de le situer immédiatement, en voyant son visage il y a fort à parier que vous vous disiez : « Hey mais oui, je l’ai déjà vu dans un film ! »
Loin de jouer les videurs blacks de service, ce cinéphage et cinéphile sensible qui cite Le voleur de Bagdad (Michael Powell – 1940) comme premier film marquant, mais aussi La vie est belle (Frank Capra – 1946), Heat (Michel Mann – 1995) et Shining (Stanley Kubrick – 1980) avant de nous parler shamanisme, a joué ou est apparu dans presque une cinquantaine de longs métrages. Je me souviens de lui dans Femme Fatale, Thirst, 600 kilos d’or pur, La Horde et dans l’épisode Oxygène de la série Métal Hurlant.

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Après cette rencontre-apéro, la soirée a débuté tranquillement avec un film en compétition de production germano-américaine dont c’était là aussi la première française.

Errors-of-the-human-bodyERRORS OF THE HUMAN BODY
Réalisation : Eron Sheean
Scénario :  Eron Sheean et Shane Danielsen
Casting : Michael Eklund, Karoline Herfurth, Tómas Lemarquis
Genre : Thriller psychologique et scientifique, drame
Année : 2012
Durée : 100 min
Format et nationalité : Long métrage germano-américain

Synopsis
Geoff Burton, docteur généticien canadien en disgrâce, hanté par la mort de son fils nouveau-né alors que ce dernier développait une mutation génétique rare, se retrouve invité dans un grand laboratoire en Allemagne afin de travailler sur un projet révolutionnaire de regénération des tissus.

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errors-of-the-human-body-5Errors of a Human body et son interprète principal (un habitué des films de genre) aux faux-airs d’Ethan Hawke possède un scénario épuré, basé sur une innovation de la science illustrée avec parcimonie car budget d’un million et demi seulement (mais trop de plans de couloirs). La culpabilité, l’éthique, le deuil ; le programme nous orientait vers certaines thématiques intimistes, mais je ne suis pas certaine que David Cronenberg soit la référence idéale à citer pour ce film (ce que le programme du festival fait néanmoins). En effet le trouble créé par la première moitié de la filmographie du monsieur qu’on qualifie souvent d’organique rendait la science monstrueuse certes, mais palpable. Ici on regarde beaucoup à travers des microscopes électroniques, la seule observation réellement de visu est pour une souris de laboratoire qui subit une bien vilaine amputation. Le réalisateur Eron Sheean a beau être australien, c’est le cliché d’un cinéma allemand clinique, un peu froid et aseptisé, qui nous parvient. Si Errors… n’est pas mauvais car cohérent (qui plus est, en passant le lendemain de 13 Eerie qui ne l’était pas du tout), la quête de rédemption d’un homme divorcé qui n’accepte pas d’avoir tout perdu ne fonctionne pas totalement, la faute peut-être à des hallucinations pas transcendantes. Pourtant Michael Eklund fait le boulot. Mais la fin ne m’a pas convaincue complètement, malgré la bonne intention du scénario de ne faire aucune concession.

Je me plains beaucoup des dénouements des films de ce festival je trouve, mais je vous laisse vous faire votre idée en regardant le trailer.

Hélas il va être difficile de ne pas se plaindre totalement avec le dernier film de ce quatrième jour… mais là, le problème ne réside pas dans la fin. C’est un tout.

LYFSTRAFLYFSTRAF
Réalisation : Rudi Steyn
Scénario :  probablement Rudi Steyn
Casting : Liezl de Kock, Carl Ruppert, Albert Maritz
Genre : Thriller, drame
Année : 2012
Durée : 76 min
Format et nationalité : Long métrage sud-africain

Synopsis
Une classe de terminale voit débarquer son professeur d’histoire qui tient des propos sibyllins avant de se tirer une balle dans la tête au tableau.
Fin de l’année scolaire, diplôme en poche, les mêmes lycéens se rendent au bal qui clôt leurs études secondaires. Un petit groupe décide de faire le mur pour entrer dans l’enceinte de leur établissement afin de poursuivre la fête à l’aide d’alcool et de drogue. La nuit sera une hécatombe.

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Plus de vingt ans après la fin de l’apartheid, voici un film qui se passe en Afrique du Sud et où on ne voit que des afrikaners anglophones. Pas un/e lycéen/ne africain/e noir/e ! Faut le faire quand même…
Inutile se s’attarder sur ce film d’une heure et seize minutes que j’ai trouvé très très long. Histoire capillotractée de vengeance, le souffre-douleur de la classe tente de raconter à l’occasion de la fin d’année à ses camarades que leur professeur qui s’est suicidé peu de temps auparavant avait abusé de lui. Pas d’histoire de pédophilie ici mais de maltraitance. Il est intéressant du coup de savoir que lyfstraf en afrikaans signifie châtiments corporels. En l’occurrence, le prof se faisait des interros orales avec le jeune homme dont les erreurs étaient sanctionnées par de grands coups de verge bâton. Et déjà le scénario paraît improbable. S’ajoute à ça une nuit d’horreur où le jeune homme se retrouve laissé pour mort par ses camarades qui le bastonnent pour le faire taire. Il va se venger. Façon slasher incohérent. Quelques morts ou blessures intéressantes, mais pas suffisamment pour donner un véritable caractère à ce film qui tente vainement je pense de se connecter avec Rage, le premier roman de Richard Bachman alias Stephen King.

Mais allez, on ne va pas lui en tenir rigueur puisqu’après tout il était hors compétition. Ouf !

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